Jette Norregaard
Télécharger le communiqué de presse
Lumières sur Jette Norregaard
Après avoir été époustouflée par l’Italie et sa richesse artistique, culturelle et humaine, me voilà sur le départ pour le nord.
Au premier abord , étant de nature très frileuse, je suis sceptique quant à ce que je vais trouver à Copenhague. Après le passage d’un feu d’artifice en ébullition constante me voilà à être dirigée sur des ouvrages plus minimalistes, épurés aux teintes relativement sages et homogènes. Mais où réside le secret de cette fée qui se terre dans un atelier , au cœur d’une forêt danoise ? Petite dame ailée, loin des hommes, proche de la mère nature , essence-même du monde.
J’arrive en ce dimanche 24 octobre, au petit matin, à Copenhague. A peine les valises déposées à l’hôtel, taxi direction exposition dans un petit Jardin d’Eden, qui y accueille pour trois jours nos artisans et artistes du pays.
Sans connaître la description de Madame fée, je m’avance dans ces jardins humides d’automne où les gardiens ne sont autres que de paons flânant silencieusement entre chemins de petits graviers gris et blancs et quelques dernières fleurs de saison.
Ce que j’avais oublié, c’est que les êtres féériques ont une intuition extrêmement développée, et je n’ai pas eu le temps d’arriver dans le petit palais des artisans que grande dame emmitouflée dans de grosses mailles, non pas me salue mais me serre chaudement dans les bras le sourire aux lèvres. Les fées savent briser la glace .
Ni de une ni de deux, Jette Norregaard me prend par la main et me mène à son stand. J’y découvre son petits univers, enfants de la Forêt qui bercent son atelier. Une ribambelle de bijoux où se mêlent feuilles d’or et d’argent aux bases de papiers colorés par des pigments naturels. Des bulles de toutes les tailles qui peuvent selon l acquéreur être une petite sculpture ou se transformer en source de lumière. Des toiles sur ardoise, de petits navires dorés qui voguent sur une rivière de pierres douces.
La petite magicienne s’émoustille à déballer toutes ses merveilles, tellement heureuse de partager sa passion avec autrui. Pour quelqu’un qui s’isole au fin fond d’une fôret, Jette Norregaard est une personne des plus communicatives, et vous couvre de sa douceur maternelle qui semble innée chez cette femme papillon.
Femme-papillon ? Une définition qui lui colle parfaitement à la peau car Jette vole d’une idée à l’autre, en fait des instantanés qu’elle immortalise dans ses œuvres : la couleur d’une pierre, les dessins qui arborent les plumes d’un oiseau, la forme d’un coquillage. Elle capte les murmures de la Nature pour les transmettre au genre humain sous une autre forme tout en respectant l’essence de l’idée. Sous quelles formes ? Par quels moyens ?
Son complice est le papier. Pourquoi lui ? Pourquoi ne pas peindre tout simplement plutôt que de créer avec finesse des objets et œuvres tridimensionnelles ? Tout a commencé par une histoire de famille.
Petite rétrospective brève sur le parcours de Jette Norregaard. L’amour pour le papier lui a été transmis par son père. Famille d’artistes et d’artisans, son père reliait à la main les livres avec minutie. Jette Norregaard suit une formation d’infirmière et se plonge dans le dessin et la peinture dès que le temps libre se présente. Puis elle se décide à suivre l’Académie des Arts d Arhus. Elle fait la rencontre d’une femme qui la détournera de la peinture classique pour le papier.
Travaillant à ses côtés dans son studio, Jette y développe sa passion pour le papier, pardon son addiction. Et c’est ainsi qu’elle devient la fée des fôrets danoises.
Dans son humble cachette, elle se plaît à triturer indéfiniment cette matière pour lui donner vie sous tout type de formes. Elle la tord, la rend élastique, la marie avec d’autres matériaux qu’elle puise dans la Nature. Une infinité d’idées s’offre à elle et sa dextérité lui permet, par l’alliage de ces deux atouts, d’exprimer ses inspirations au plus proche de ce qu’elles sont. Le papier devient, entre ses mains, une seconde peau de son expression artistique !
Ni artiste ni artisan, elle se plaît à développer ses techniques sur toile, objets décoratifs de toute sorte et surtout bijoux. Elle est cette magicienne qui d’un coup de baguette transformera un matériau dit ordinaire et brute en une denrée raffinée et unique. Un coup d’éclat pour chaque diamant brut.
Finalement, Jette Noregaard n’est autre qu’un être magique, qui de son logis à l’orée du bois, vous fera entendre les chants des enfants de Dame Nature qui se seront égarés entre les filets de son atelier.
Victoria von Fliedner
