Valérie Glasson
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Rencontre sous les auspices d’Epicure, quand les mots deviennent couleurs
De la littérature à la peinture
Valérie Glasson dessine depuis son plus jeune âge. Elle a suivi des études en littérature et histoire de l’art. Sa première rencontre esthétique, qui éveille son amour pour la peinture, est à l’âge de 15 ans, avec le roman « A Rebours » de J-K Huysmans. Il y évoque les différentes facettes de Salomé tirées des toiles de Gustave Moreau. Notre romantique Valérie s’est mise à imager cette Egérie « Gustavienne », sans jamais avoir vu l’une de ces toiles, tellement les descriptions lui sont parlantes. Une fascination pour cette légende aux mille et un visages, naît, dans l’esprit de Valérie, pour y laisser entrevoir une nouvelle optique de l’art et de la femme.
Bien qu’elle travaille avec labeur sa plume, cette vision a mis sur pied un pont entre les mots et les pigments, afin de créer un « langage pictural » mariant image et poésie.
Salomé, et sa danse des sept voiles, a su envoûter notre charmante Valérie et lui ouvrir une porte qui désormais ne se refermera plus….
Techniques :
Pour permettre l’expression de ces deux genres, Valérie Glasson mélange différentes techniques qu’elle affectionne. La calligraphie se posera avec délicatesse sur de la gouache. Elle y mêlera un jeu de clair-obscur d’encre, qu’elle maîtrise avec finesse. Ainsi les formes surgissent au mieux de l’œuvre et intensifient la vibration de la couleur, miroir du velouté d’un pelage ou la vibration d’une fleur.
Enfin elle y ajoute, selon l’humeur, une pointe de lumière, avec parcimonie, des feuilles d’or qui permettent de rehausser les teintes apparentes.
Entre Epicuriennes et Symbolistes, présage d’une rencontre particulière
Revenant de Bruxelles, où j ai découvert l’art symboliste lors d’une exposition temporaire, j’étais inspirée par une nouvelle perception de l’art qui mettait le doigt sur une approche qui me correspondait : l’ère où la femme était une fascination et une peur pour l’homme ; diabolisée comme respectée.
Entre Baudelaire ou Moreau, Rops et Rimbaud, cette découverte bruxelloise avait mis la lumière sur mon regard et mon penchant pour l’art, ainsi que ma vie d’épicurienne.
Cela ne vous parle peut-être pas trop mais une fois passée le seuil de chez Valérie, le coup de foudre pour des passions communes a été révélateur. Petite visite guidée intime de ses œuvres, qui me séduisent déjà par leur esthétisme aiguisé, voilà que je m’apprête à terminer notre entrevue quand mon regard se pose sur sa bibliothèque. Un mot me saute aux yeux : SYMBOLISME !
Malgré ma fatigue, un rendez-vous qui aurait dû durer à peine une demi heure, se prolonge… je ne sais plus, ma montre m’a fait faux bon. Nous avions franchi le même pont qui lie la peinture et l’écriture et nous parlions le même langage artistique. Nous nous sommes plongées dans le bocal de ces mots de couleurs et ses contrastes poétiques, dotés d’une touche de goût pour les bonnes et belles choses.
Un dialogue sans fin, pour deux adeptes de ce courant et me voilà partie, non seulement avec des images plein la tête mais les bras chargés de sa thèse sur celui qui était l’un des premiers à mettre le doigt sur cette captivante vague symboliste : Jean Lorrain.
Victoria von Fliedner
